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Délais normaux de la justice

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Délais normaux de la justice

Sommaire

Les délais normaux de la justice en france sont peu connus. Pourtant, c’est sur leur base qu’il est possible de déterminer à quel moment vous êtes victime d’un délai anormalement long de la justice.

Rappelons que le délai de justice constitue une question essentielle du droit à un procès équitable. Ce droit est consacré par l’article 6 § 1 de la Convention européenne des droits de l’homme. Ainsi, pour être équitable une procédure doit se réaliser dans un temps raisonnable devant les tribunaux et toute juridiction judiciaire.

Naturellement la durée d’une affaire, exprimée parfois en plusieurs mois ou années, dépend de la matière, du tribunal, du juge, du magistrat, du nombre de parties et du caractère plus ou moins complexe du litige. Cependant toute personne à droit à ce que son affaire soit entendue dans un délai raisonnable.

Ce principe concerne aussi bien la matière civile que pénale, le divorce, le travail, le juge administratif, les procédures devant le conseil de prud’hommes, l’appel, le recours ou la cassation.

Ainsi un délai excessif ou déraisonnable peut révéler une lenteur du service public de la justice, lorsque le traitement du dossier excède le temps nécessaire au regard des circonstances de l’instance.

Malheureusement, en l’absence de délai fixe, l’appréciation tient notamment compte de la complexité de l’affaire, du comportement des parties, de l’action de l’avocat, du travail du greffier, des diligences du juge et des moyens disponibles dans la juridiction.

Selon l’Infostat Justice n° 204 d’octobre 202586 % des personnes interrogées considèrent que la justice est trop lente !

Victime d’un délai déraisonnable, testez notre simulateur.

Est ce un simple ressenti ou une réalité mesurable ? C’est tout l’intérêt de cet article juridique. 

Qu’est ce qu’un délai normal de la justice ?

Le délai normal de la justice désigne la durée de traitement d’une affaire qui peut raisonnablement être attendue d’une juridiction, compte tenu de la nature et de la complexité du litige, des diligences nécessaires, du comportement des parties et du fonctionnement normal du service public de la justice.

L’absence de délai fixe de la durée de la justice

Ainsi, Il ne correspond donc pas à un nombre fixe de mois ou d’années applicable à toutes les procédures. L’Inspection générale de la justice souligne précisément que la fixation de seuils uniformes n’est pas pertinente : la durée acceptable doit être appréciée in concreto, selon les circonstances propres à chaque affaire.

Nous avions déjà expliciter les conditions dans lesquelles le délai anormalement long de la justice entrainait la responsabilité de l’Etat.

En 2021, l’inspection générale de la justice s’est penché sur la question des délais de la justice. Elle rappelle que l’appréciation du délai raisonnable se fait de manière in concreto (page 3 du rapport).

Ainsi, il n’existe pas de barémisation par nature de contentieux. En cela, l’inspection se rattache à la conception de la Cour EDH. 

  • CEDH, Frydlender c. France, 27 juin 2000, req. n° 30979/96

Une durée appréciée in concreto

La Cour européenne des droits de l’homme, la Cour de cassation et les cours d’appel apprécient la durée en tenant compte du temps écoulé entre chaque étape de la procédure et de l’enjeu pour le justiciable.

Le jugement doit donc être rendu dans un délai adapté, car une décision trop tardive peut entraîner un préjudice, retarder son exécution et compromettre l’accès effectif au droit et au tribunal.

Les données statistiques du ministère de la Justice permettent également d’évaluer la durée moyenne, le nombre d’affaires, le stock de dossiers et les délais de traitement selon le type de juridiction.

La maîtrise des délais, des audiences, de la mise en état, des mesures d’instruction, de la conciliation et des voies de recours constitue ainsi un enjeu majeur pour éviter une durée excessive et garantir une justice efficace.En conclusion, le délai normal de la justice fait l’objet d’une analyse au cas par cas.

Pourquoi il n’existe pas de délai normal de la justice barémisé ?

Les délais de la justice en france ne sont pas soumis à un barème. Ainsi l’absence de délai normaux de la justice fixé de manière objectif résulte de considérations politiques et juridiques.

Une d​​​​urée variable selon les affaires

Il n’existe pas de délai normal de justice fixé à l’avance, car toutes les affaires ne nécessitent pas le même temps de traitement.

Ainsi la durée d’une procédure dépend notamment de la complexité du litige, du nombre de parties, de la multiplicité des demandes, des incidents de procédure, des expertises ou encore des difficultés techniques et juridiques.

L’Inspection générale de la justice identifie précisément ces éléments comme des facteurs susceptibles d’allonger légitimement une procédure.

L’impossibilité d’un barème uniforme

Un barème identique pour toutes les affaires serait nécessairement imparfait.

Un délai de dix-huit mois peut être excessif pour une affaire simple, ne nécessitant ni expertise ni difficulté particulière. A l’inverse ce meme délai peut rester raisonnable pour une affaire complexe impliquant plusieurs parties ou des mesures d’instruction. Le seul nombre de mois ou d’années écoulés ne permet donc pas de déterminer si la justice a été trop lente.

Une appréciation concrète de la durée

C’est pourquoi l’Inspection générale de la justice considère que la fixation de seuils automatiques au-delà desquels une affaire serait réputée anormalement longue n’est pas pertinente. La lenteur de la justice n’est pas qu’une question arythmétique.

Elle précise que « l’évaluation de la durée acceptable d’une affaire devait se faire in concreto » et qu’elle ne pouvait donner lieu à une « barémisation par nature de contentieux ».

Une impossibilité qui tient à la nature même de la justice

Plus profondément, fixer un délai universel supposerait que juger soit une opération standardisable.

Or, la justice repose précisément sur l’examen singulier de situations humaines qui ne sont jamais parfaitement identiques.

Il existe une tension permanente entre deux exigences également légitimes : juger rapidement et prendre le temps nécessaire pour bien juger

Trop de lenteur prive le droit de son efficacité. Cependant une rapidité imposée mécaniquement peut compromettre la qualité de l’instruction, le contradictoire et l’examen attentif des arguments.

C’est pourquoi le temps judiciaire ne peut donc être apprécié uniquement comme une quantité mesurable.

Ainsi il doit également être apprécié au regard de sa nécessité et de son utilité pour rendre une décision juste.

Le véritable critère du délai raisonnable

Le critère essentiel consiste finalement à déterminer si le temps écoulé était objectivement nécessaire au traitement et au jugement de l’affaire.

Le délai raisonnable permet ainsi de distinguer le temps légitimement consacré à la résolution d’un dossier complexe d’une lenteur excessive et injustifiée de la justice.

Quels sont les délais moyens de la justice en france en 2026 ?

Pour connaître les délais de jugement nous avons analysé Les Références statistiques Justice, édition 2025, publiées par le service statistique du ministère de la Justice.

Les délais moyens varient fortement selon la juridiction et la nature du contentieux.

En 2024, sur environ 1,38 million d’affaires civiles terminées, et fixe une durée moyenne a 7,9 mois. Ministère de la Justice, Références statistiques Justice, édition 2025, fiche 4.1 « Les tribunaux judiciaires », p. 36-37.

Les délais moyens par juridiction et par nature de contentieux

Le cadre général des données

Les chiffres ci-dessous proviennent des Références statistiques Justice, édition 2025, publiées par le service statistique du ministère de la Justice. Ils portent principalement sur les affaires terminées en 2024, sur un champ national, et correspondent à des durées moyennes effectivement constatées.

Ainsi, ces chiffres permettent de comparer les juridictions et les contentieux. Cependant ils ne constituent ni des délais légaux ni un barème des délais raisonnables par procédure. Cependant, ces chiffres permettent d’avoir un indice sur les délais excessifs de la justice. 

Tribunaux judiciaires : moyenne générale

Pour l’ensemble des affaires civiles entrant dans le champ des tribunaux judiciaires, hors ruptures d’union et contentieux électoral, la durée moyenne est de 7,9 mois en 2024.

Elle atteint 8,4 mois pour les affaires au fond et 4,1 mois pour les référés.

En outre, ce calcul porte sur 1 380 300 affaires terminées. Ces chiffres relève d’un champ national, ce qui lui donne une réelle pertinence statistique pour mesurer l’activité générale des tribunaux judiciaires.  

Affaires familiales relatives aux enfants

Devant le juge aux affaires familiales, les affaires relatives à l’autorité parentale, à la résidence des enfants ou au droit de visite sont traitées en 7,4 mois en moyenne.

Les affaires introduites par des parents non mariés durent 7,3 mois, celles intervenant après divorce 7,7 mois, tandis que les demandes émanant de grands-parents ou de tiers atteignent 17,6 mois. (Références statistiques Justice 2025, fiche 5.3, p. 58-59)

Contentieux financiers entre conjoints

Les contentieux financiers après séparation de couples mariés durent en moyenne 9,0 mois. Les autres obligations à caractère alimentaire sont traitées en 8,2 mois.

En revanche, les contentieux relatifs à l’indivision et au partage entre conjoints sont nettement plus longs, avec 25,8 mois en moyenne. (Références statistiques Justice 2025, fiche 5.4, p. 60-61)

Protection familiale et régime matrimonial

Les ordonnances de protection, en raison de leur caractère urgent, sont traitées très rapidement, en environ 18 jours en moyenne.

À l’inverse, les procédures relatives au régime matrimonial durent en moyenne 25,0 mois.

Cet écart montre à quel point la nature du contentieux influence le temps judiciaire. (Références statistiques Justice 2025, fiche 5.6, p. 64-65)

Surendettement

Devant le juge des contentieux de la protection, les contestations et recours contre les décisions des commissions de surendettement sont traités en 7,2 mois en moyenne.

Les contestations relatives au rétablissement personnel sans liquidation durent 8,9 mois, tandis que les procédures de rétablissement personnel avec liquidation judiciaire atteignent 29,0 mois. (Références statistiques Justice 2025, fiche 7.4, p. 80-81)

Conseils de prud’hommes

Devant les conseils de prud’hommes, les affaires au fond durent en moyenne 15,9 mois. Le bureau de jugement traite les affaires en 17,0 mois, tandis qu’une affaire nécessitant un départage atteint 31,8 mois.

Les référés sont beaucoup plus rapides, avec 2,7 mois en moyenne. (Références statistiques Justice 2025, fiche 8.1, p. 84-85)

Contentieux prud’homal en appel

En appel, les contentieux du travail sont sensiblement plus longs.

Ainsi les affaires de salariés ordinaires durent environ 25,0 mois, celles liées à une rupture du contrat de travail 25,1 mois, et les contestations du motif de licenciement 25,8 mois.

En outre les licenciements pour motif économique sont traités en 23,5 mois en moyenne. (Références statistiques Justice 2025, fiche 8.1, p. 84-85).

Juridictions commerciales

Dans le champ des chambres commerciales des tribunaux judiciaires et juridictions assimilées, les affaires terminées durent en moyenne 9,3 mois.

Une liquidation judiciaire immédiate intervient en 1,5 mois, une liquidation après conversion en 5,8 mois, tandis qu’un plan de redressement est arrêté en moyenne 15,4 mois après la saisine. (Références statistiques Justice 2025, fiche 4.6, p. 46-47).

Prévention des difficultés des entreprises

Pour les procédures de prévention, la désignation d’un mandataire ad hoc intervient en moyenne 11 jours après la saisine.

Une procédure de conciliation dure 4,9 mois en moyenne ; elle dure 4,1 mois lorsqu’un accord est trouvé et 6,1 mois lorsqu’elle se termine sans accord. (Références statistiques Justice 2025, fiche 9.1, p. 88-89).

Justice des mineurs

En matière civile, devant le juge des enfants, le délai entre la saisine et la première décision au fond est de 4,2 mois en moyenne en 2024. (Références statistiques Justice 2025, fiche 15.2, p. 154-155).

Ce que montre la comparaison

La moyenne générale de 7,9 mois devant le tribunal judiciaire masque donc des réalités extrêmement différentes.

Selon la nature du contentieux, une procédure peut durer 18 jours pour une ordonnance de protection, environ 7 à 9 mois pour certaines affaires familiales ou de surendettement15 à 17 mois en matière prud’homale, et dépasser 25 à 30 mois pour les indivisions, régimes matrimoniaux, départages prud’homaux ou certaines procédures de surendettement.

Cependant la durée moyenne des procès ne doit toutefois pas être confondue avec un délai légal ou un seuil de délai raisonnable. Les délais moyens en France constituent avant tout des indicateurs statistiques décrivant l’activité réelle des juridictions.  

Les délais de jugement moyens doivent donc toujours être lus par juridiction et par nature de contentieux, et non comme une moyenne unique applicable à toute la justice.

Ces écarts confirment qu’il est beaucoup plus pertinent de comparer une affaire avec la durée moyenne de son propre contentieux qu’avec une moyenne générale toutes affaires confondues.

Quel est le point de départ du délai raisonnable ?

En matière civile, le point de départ du délai raisonnable est, en principe, la date de saisine de la juridiction compétente.

Autrement dit, le délai commence normalement à courir au moment où le justiciable introduit effectivement son action devant le tribunal appelé à trancher la contestation.

Le Guide de la Cour européenne des droits de l’homme cite notamment les arrêts Poiss c. Autriche et Bock c. Allemagne à l’appui de ce principe. (Cour européenne des droits de l’homme, Guide sur l’article 6 – volet civil, 2013, § 272, p. 51)

Les procédures administratives préalables obligatoires

Le point de départ peut toutefois être antérieur à la saisine du tribunal lorsqu’une procédure administrative préalable constitue une condition obligatoire avant de pouvoir saisir le juge.

Dans ce cas, la période prise en compte peut inclure la durée de cette phase préalable. Le Guide vise notamment les arrêts König c. AllemagneX. c. France et Kress c. France. (CEDH, Guide sur l’article 6 – volet civil, 2013, § 272, p. 51)

Un départ parfois encore plus précoce

La Cour admet donc, à titre exceptionnel, que le délai raisonnable commence avant même le dépôt de l’acte introductif d’instance.

Ainsi, lorsque certaines démarches préalables sont juridiquement nécessaires pour permettre l’ouverture de la procédure, le point de départ du délai démarre à ce stade.

  • CEDH Golder c. Royaume-Uni,  21 février 1975 n°4451/70

Les procédures non strictement judiciaires

Une procédure menée devant un autre professionnel ou organisme peut également être intégrée dans le calcul lorsqu’elle est étroitement liée au contrôle d’une juridiction.

La Cour a ainsi inclus la durée d’une procédure de partage successoral menée devant deux notaires, parce qu’elle avait été ordonnée puis homologuée par un tribunal.

  • CEDH Siegel c. France 28 février 2001 n°36350/97

En conclusion le délai raisonnable court en principe à compter de la saisine du juge. Cependant il peut commencer plus tôt lorsque le justiciable doit obligatoirement accomplir une phase préalable indissociable de la procédure judiciaire.

Le critère déterminant est donc moins la seule date formelle de l’assignation que le moment à partir duquel la contestation doit effectivement être prise en charge par les autorités compétentes.

Quel est le point d’arrivé du délai raisonnable ? 

Le point d’arrivée du délai raisonnable ne correspond pas nécessairement à la date du jugement rendu en première instance.

Selon la Cour européenne des droits de l’homme, le délai couvre en principe l’ensemble de la procédure.

Cela comprend les voies de recours, jusqu’à ce que la contestation soit définitivement tranchée et que le droit reconnu puisse recevoir une réalisation effective.  

Lorsque la décision fait l’objet d’un appel ou d’un autre recours, cette période entre dans l’appréciation du délai raisonnable. Le calcul ne s’arrête donc pas automatiquement au jugement de première instance.

  • CEDH Robins c. Royaume-Uni 23 septembre 1997 n°22410/93

En outre, l’exécution fait partie du délai raisonnable.

Ainsi la procédure peut également se prolonger au-delà de la décision définitive lorsque celle-ci doit encore être exécutée. Pour la CEDH, l’exécution d’un jugement constitue une partie intégrante du procès au sens de l’article 6 § 1.

  • CEDH Di Pede c. Italie 26 septembre 1996 n°15797/89

C’est pourquoi le délai raisonnable prend donc fin lorsque le droit revendiqué a trouvé sa réalisation effective, et non nécessairement à la seule date du prononcé du jugement. 

  • CEDH Estima Jorge c. Portugal 21 avril 1998 n°24550/94

En conclusion les délais d’exécution des décisions de justice font partie des délais de procédure à prendre en compte pour calculer le délai raisonnable.

Qu’est ce qu’un délai raisonnable en justice ? 

Les décisions nationales permettent de donner un contenu concret à la notion de délai raisonnable, non en fixant un seuil général, mais en identifiant les périodes d’attente imputables au fonctionnement du service public de la justice qui deviennent anormalement longues. En matière prud’homale, le Tribunal judiciaire de Paris a ainsi condamné l’État après avoir considéré comme excessif un délai de 29 mois entre l’audience de conciliation et l’audience de plaidoirie. Le juge ne sanctionne donc pas nécessairement toute la durée de la procédure, mais la période pendant laquelle aucune justification suffisante ne permet d’expliquer l’attente.

  • Tribunal judiciaire de Paris 28 janvier 2026 n°24/05916

Le dépassement peut être évalué seulement pour sa partie injustifiée

Le Tribunal judiciaire de Meaux a retenu la responsabilité de l’État pour un délai de 20 mois entre l’audience de jugement et le prononcé de la décision, mais n’a considéré ce délai excessif qu’à hauteur de 14 mois.

Cette décision est particulièrement éclairante : le juge distingue le temps normalement nécessaire au traitement de l’affaire du temps supplémentaire injustifié imputable au fonctionnement de la justice.

Le délai raisonnable ne correspond donc pas nécessairement à une durée idéale, mais au temps qui peut objectivement être justifié par les nécessités de la procédure.

  • Tribunal judiciaire de Meaux 18 mars 2026 n°25/03622

La simplicité de l’affaire renforce l’exigence de célérité

Cette logique apparaît également devant le juge administratif.

Le Conseil d’État a admis l’engagement de la responsabilité de l’État pour une procédure ayant duré sept ans et six mois devant un tribunal administratif, en soulignant que l’affaire ne présentait pas de difficulté particulière. Plus un litige est simple, moins une durée importante peut être justifiée par sa complexité ; la durée devient alors plus facilement imputable au fonctionnement de la juridiction.

  • Conseil d’État, Assemblée 28 juin 2002 n°239575

La portée de ces condamnations

Ces décisions permettent ainsi de comprendre que la condamnation de l’État intervient lorsque le temps écoulé dépasse ce qui était objectivement nécessaire pour traiter l’affaire.

Le juge recherche notamment les périodes d’inactivité, les délais anormalement longs entre deux étapes de la procédure et l’absence de justification liée à la complexité du dossier. Ces condamnations ne créent pas un barème général, mais constituent des repères jurisprudentiels concrets permettant d’identifier les situations dans lesquelles la durée de la justice cesse d’être raisonnable et devient un fonctionnement défectueux du service public de la justice, susceptible d’ouvrir droit à indemnisation sur le fondement de l’article L. 141-1 du Code de l’organisation judiciaire.

Quelles sont les indemnisations tirée du non respect du délai raisonnable ? 

Le non-respect du délai raisonnable peut engager la responsabilité de l’État sur le fondement de l’article L. 141-1 du Code de l’organisation judiciaire, principalement au titre du préjudice moral causé par l’attente excessive. Les juridictions indemnisent alors le temps d’inquiétude, d’incertitude et de pression psychologique imputable au retard du service public de la justice.

Pour estimer votre indemnisation, voici notre simulateur.

Une indemnisation calculée sur le seul retard déraisonnable

Les juges ne prennent pas nécessairement en compte toute la durée de la procédure, mais uniquement la part du délai considérée comme excessive et imputable à l’État. Cette durée est ensuite valorisée en fonction de la matière, de l’enjeu du litige et des conséquences concrètes pour le justiciable.

Des montants très variables selon les affaires

À Paris, pour un contentieux de faible enjeu portant sur une indemnisation de vol comprise entre 250 et 600 euros, la cour a retenu 39 mois de délai déraisonnable et une indemnisation de 15 euros par mois, soit 585 euros.

Des barèmes progressifs possibles

À Montpellier, la cour a adopté une logique beaucoup plus protectrice dans des litiges prud’homaux, considérant que plus l’attente se prolonge, plus le préjudice s’aggrave. Dans une affaire de 53 mois de retard déraisonnable, l’indemnisation a été fixée de manière progressive.

Ainsi l’indemnisatin du préjudice moral est fixé comme suit : 

  • du 1er au 10ème mois : 150 euros x 10 mois = 1 500 euros,
  • du 11ème au 21ème mois : 200 euros x 11 mois = 2 200 euros,
  • du 22ème au 30ème mois : 250 euros x 9 mois = 2 250 euros,
  • du 31ème mois au 40ème mois : 300 euros x 10 mois = 3000 euros,
  • du 41ème mois au 44 ème mois : 320 euros x 4 mois = 1 280 euros,
  • du 45ème au 53ème mois : 350 euros x 9 mois = 3 150 euros,

L’absence de barème national uniforme

Ces décisions montrent qu’il n’existe pas de barème unique d’indemnisation. Le montant dépend de la durée du retard, de l’enjeu du litige, de la situation personnelle du justiciable et de l’intensité du préjudice subi. Le préjudice financier peut également être invoqué, mais il doit être directement causé par la lenteur de la justice, ce qui est plus difficile à démontrer.

Pourquoi la justice est-elle lente en france ?

Les causes de la lenteur de la justice sont multifactoriels. Ainsi le retard résulte d’abord du décalage entre le nombre d’affaires à traiter et les moyens humains et matériels dont disposent les juridictions.

En effet, les vacances de postes de magistrats et de greffiers, les stocks d’affaires et l’organisation des juridictions peuvent notamment allonger le temps de traitement.

Ensuite une justice trop lente peut aussi résulter de la complexité croissante des dossiers, de la multiplication des parties, des expertises et des incidents de procédure. En effet, il faut noter une judiciarisation de la société française conduisant de plus en plus de citoyens à saisir un juge. Les expertises, les renvois, recours et difficultés de notification peuvent également produire des délais de jugement longs sans qu’ils soient nécessairement tous imputables au juge.

En outre, les délais anormaux apparaissent surtout lorsque s’ajoutent à ces contraintes des périodes d’inactivité qui ne sont plus justifiées par les besoins de l’affaire.

De meme la lenteur des procédures peut également provenir de l’enchaînement nécessaire des différentes phases du procès, de la mise en état jusqu’au jugement.

Ainsi La justice lente en France ne s’explique donc pas par une cause unique, mais par l’accumulation de facteurs institutionnels, procéduraux et propres à chaque dossier.

Les délais de traitement longs doivent ainsi être distingués selon qu’ils résultent de la complexité légitime de l’affaire ou d’un dysfonctionnement du service public de la justice.

C’est pourquoi la durée d’une procédure doit être appréciée concrètement : une justice efficace n’est pas nécessairement une justice immédiate, mais une justice qui ne laisse subsister aucun retard injustifié.

Comment obtenir une décision de justice rapidement ?

Malheureusement il n’existe aucune solution miracle pour obtenir une décision plus rapidement. Ce délai dépendra de critères que vous ne maitrisez pas comme le siège de la juridiction, la célérité du magistrat en charge de votre dossier, et l’efficacité de vos avocats.

En outre, comme l’indique les statistiques précédentes, les délais pour obtenir un jugement varient fortement selon la juridiction, le contentieux et la complexité de l’affaire.

Lorsqu’une mesure immédiate est nécessaire, le référé peut constituer une procédure rapide permettant d’obtenir une décision provisoire.

Une justice rapide suppose également que votre dossier soit complet et que les actes et conclusions soient communiqués sans retard.

Vous pouvez chercher à accélérer le traitement en signalant au juge les circonstances justifiant une célérité particulière et l’importance des enjeux pour vous.

Toutefois, vous ne disposez pas d’un droit général permettant d’imposer au tribunal une date déterminée pour rendre son jugement.

En présence d’une durée manifestement excessive, certains recours pour délais anormaux long de la justice permettent de faire constater ou réparer les conséquences du dépassement du délai raisonnable.

Lorsque le retard est imputable au fonctionnement défectueux du service public de la justice, une action en responsabilité contre l’État peut notamment être exercée sur le fondement de l’article L. 141-1 du Code de l’organisation judiciaire.

Cette action indemnitaire répare toutefois le retard subi : elle ne constitue pas, à elle seule, un mécanisme permettant d’obtenir immédiatement la décision attendue.

Comment calculer un délai dans une procédure ?

Le mode de calcul d’un délai de procédure dépend d’abord de la nature de l’acte, de son point de départ et du texte qui fixe sa durée.

Pour calculer un délai, vous devez identifier la date de l’événement qui le fait courir, puis déterminer s’il est exprimé en jours, en mois ou en années.

Les délais de procédure obéissent à des règles précises concernant notamment le jour de départ, le jour d’échéance et, selon les cas, les prorogations lorsque le terme tombe un samedi, un dimanche ou un jour férié.

Les principes de calcul varient également selon qu’il s’agit d’un délai pour agir, exercer un recours, conclure ou exécuter une décision.

La durée des procédures, en revanche, correspond au temps effectivement écoulé entre plusieurs étapes judiciaires et ne constitue pas nécessairement un délai légal.

Le calcul des délais judiciaires suppose donc de distinguer les délais imposés par les textes de la durée réelle du traitement de l’affaire. Pour apprécier un éventuel dépassement du délai raisonnable, vous devez enfin examiner séparément chaque phase de la procédure et identifier les périodes d’attente qui ne sont pas objectivement justifiées.

Que faire si vous êtes victime d’un délai déraisonnable de la justice ? 

Le cabinet David GUYON Avocat s’est spécialisé dans la défense des victimes des délais déraisonnables de la justice.

Si vous estimez subir des délais excessifs, vous devez d’abord reconstituer précisément la chronologie de la procédure et identifier les périodes d’attente qui paraissent injustifiées.

Les recours délais excessifs supposent de distinguer les temps normalement nécessaires au traitement de l’affaire des retards imputables au fonctionnement de la juridiction.

Vous devez conserver les convocations, décisions, renvois, dates d’audience et toute pièce permettant d’établir la durée réelle de la procédure.

Une action en responsabilité contre l’État peut ensuite être engagée sur le fondement de l’article L. 141-1 du Code de l’organisation judiciaire lorsque le retard caractérise un fonctionnement défectueux du service public de la justice.

Cette action permet de solliciter une indemnisation délais, principalement au titre du préjudice moral causé par l’attente excessive et l’incertitude prolongée.

Un recours pour lenteur doit être construit à partir des périodes concrètes de retard et de leurs conséquences sur votre situation.

Les recours judiciaires concernent notamment les dysfonctionnements des juridictions de l’ordre judiciaire, tandis que les recours administratifs obéissent à des règles propres devant les juridictions administratives.

Une plainte pour délais ne suffit pas, à elle seule, à obtenir réparation : il faut engager la voie juridique appropriée et démontrer le caractère déraisonnable du retard.

Pour estimer votre indemnisation, voici notre simulateur.

En pratique, la solidité de votre dossier repose sur une chronologie précise, la preuve des périodes d’inactivité et l’identification du préjudice directement causé par la lenteur de la justice.

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