Skip to content

Agrément des agents de sécurité

Partager l'article :

Agrément des agents de sécurité

Sommaire

L’agrément des agents de sécurité conditionne l’accès à leur métier : que faire lorsque son refus ou son retrait menace votre avenir professionnel ?

Ainsi l’agrément des agents de sécurité, couramment désigné ainsi, correspond généralement à la carte professionnelle délivrée par le CNAPS. Le Conseil national des activités privées de sécurité constitue l’autorité compétente pour délivrer des autorisations. Cette procédure est numérisée.

En effet, cet agrément est nécessaire pour exercer cette activité dans le secteur privé, au sein d’une entreprise ou d’un établissement public.

L’article L. 612-20 du Code de la sécurité intérieure impose sa détention pour exercer les activités concernées, notamment la surveillance et le gardiennage. 

Les agents de sécurité participent à la protection des personnes et des biens. Leur accès à la profession est donc soumis à des exigences de compétence et de moralité.

C’est pourquoi l’article L. 612-20, 5°, impose de justifier d’une aptitude professionnelle. Celle ci comprend notamment une connaissance des principes de la République. Le 2° du même article prévoit une enquête administrative destinée à vérifier que leur comportement est compatible avec leurs fonctions. 

Pour l’obtenir, vous devez notamment justifier d’une aptitude professionnelle, généralement acquise par une formation reconnue. Le CNAPS vérifie également, au moyen d’une enquête administrative, que votre comportement est compatible avec ces fonctions.

La carte est valable cinq ans. Son renouvellement nécessite notamment un stage de maintien et d’actualisation des compétences (MAC).

En outre, la carte peut être refusée en présence d’une condamnation correctionnelle ou criminelle inscrite au bulletin n° 2 du casier judiciaire, pour des motifs incompatibles avec les fonctions envisagées (article L. 612-20, 1°).

Elle peut également être refusée lorsque l’enquête révèle des agissements contraires à l’honneur ou à la probité, ou susceptibles de porter atteinte à la sécurité des personnes ou des biens, et incompatibles avec ces fonctions (article L. 612-20, 2°).

Un casier judiciaire vierge ne suffit donc pas à garantir son obtention.

En effet, l’obtention, le maintien et le renouvellement de cette carte n’est pas acquis. Celle ci est source d’un contentieux important qu’il convient d’analyser.

Quelles sont les trois types de décisions concernant les agréments des agents de sécurité ?

Les trois principales décisions défavorables concernant l’agrément des agents de sécurité — juridiquement, leur carte professionnelle CNAPS — sont :

Le refus de délivrance : le CNAPS rejette votre première demande. Vous ne pouvez pas commencer à exercer l’activité concernée.

Le refus de renouvellement : le CNAPS refuse de prolonger votre autorisation à son échéance. Cette décision compromet la poursuite de votre activité après l’expiration de votre carte.

Le retrait de la carte professionnelle : le CNAPS met fin à une autorisation déjà délivrée avant sa date d’expiration, notamment lorsque vous ne remplissez plus certaines conditions légales d’exercice.

La distinction est essentielle : les deux refus répondent à une demande, tandis que le retrait remet en cause une autorisation en cours de validité.

Comment obtenir un agrément d’agent de sécurité ?

L’obtention d’un agrément pour exercer une activité de sécurité st indispensable et relève d’une compétence de la CNAPS.

Un régime d’autorisation préalable

Tout d’abord, obtenir un agrément d’agent de sécurité, vous devez adresser au CNAPS une demande de carte professionnelle,.

Il s’agit d’un régime d’autorisation préalable. Cela signifie que l’autorisation est indispensable pour exercer les activités de sécurité privée concernées.

Votre demande peut être déposée en ligne sur le portail Dracar Ultimate, en renseignant le formulaire correspondant à l’activité que vous souhaitez exercer. Comme toute démarche administrative numérisée, il existe une possibilité de solliciter une demande par écrit. A l’aune des nombreux piratages de données personnelles, cette seconde option est probablement la plus sage.

La constitution du dossier

Vous devez constituer un dossier complet et fournir les justificatifs demandés :

  • Une pièce d’identité en cours de validité, telle qu’une carte nationale d’identité ou un passeport ;
  • Un justificatif de votre aptitude professionnelle : diplôme, titre reconnu pour l’activité envisagée ou justificatif permettant de bénéficier d’une équivalence. La qualification doit correspondre aux missions que vous souhaitez exercer ;
  • un justificatif de domicile de moins de trois mois ;
  • Pour les ressortissants étrangers concernés, les justificatifs relatifs au séjour en France, notamment un titre autorisant l’exercice d’une activité professionnelle et, lorsque cette condition s’applique, les documents établissant la détention d’un titre de séjour depuis au moins cinq ans ;
  • Pour les ressortissants étrangers, un justificatif de connaissance du français, correspondant au niveau exigé, au moins B1, au moyen d’un diplôme ou d’une certification admis par le CNAPS.

Ces conditions sont prévues par l’article L. 612-20 du Code de la sécurité intérieure. Un dossier complet ne garantit pas la délivrance de la carte : une fois les pièces vérifiées, le CNAPS réalise une enquête administrative

Une enquête administrative

Une fois votre dossier complet, le CNAPS procède à une enquête administrative pour vérifier que votre comportement est compatible avec les fonctions envisagées.

Ainsi cette vérification comprend notamment la consultation du :

  • bulletin n° 2 du casier judiciaire,
  • traitement des antécédents judiciaires (TAJ)
  • fichier des personnes recherchées (FPR). 

 Des faits contraires à l’honneur ou à la probité, ou susceptibles de porter atteinte à la sécurité des personnes ou des biens, peuvent justifier un refus s’ils sont incompatibles avec l’exercice de ces fonctions. 

Un casier judiciaire vierge ne garantit donc pas l’obtention de la carte professionnelle.

Toutefois, une simple mention dans un fichier de police ne constitue pas, à elle seule, un motif automatique de refus. 

Si les conditions sont remplies, il vous délivre une carte professionnelle sous la forme d’un numéro d’enregistrement dématérialisé.

Ces modalités sont prévus par les dispositions de l’article R. 612-12 du Code de la sécurité intérieure.

Vous communiquez ce numéro à votre employeur afin qu’il puisse vérifier votre autorisation d’exercice et les activités auxquelles elle correspond.

Quelle est la durée de validité de l’agrément ?

L’agrément d’agent de sécurité, appelé juridiquement carte professionnelle CNAPS, est valable cinq ans à compter de sa délivrance.

Par exemple, une carte délivrée le 15 janvier 2026 arrive à expiration le 15 janvier 2031. Cette durée est fixée par l’article R. 612-13 du Code de la sécurité intérieure. 

Cette validité de cinq ans ne garantit toutefois pas que vous pourrez exercer jusqu’à son terme. 

C’est pouquoi vous devez continuer à remplir les conditions légales pendant toute cette période. Si votre comportement devient incompatible avec les fonctions de sécurité privée ou si vous cessez de remplir certaines conditions requises, votre carte peut être retirée avant son expiration.

En conclusion le retrait intervient dans les cas prévus par l’article L. 612-20 du Code de la sécurité intérieure.

Comment continuer à travailler après ces cinq ans ?

Vous devez demander le renouvellement de votre carte.

En effet l’autorisation n’est pas prolongée automatiquement.

Votre demande doit être présentée au moins trois mois avant sa date d’expiration, conformément à l’article R. 612-17.

Concrètement, cette anticipation vise à éviter une interruption de votre activité professionnelle.  

Pour ce renouvellement, vous devez notamment suivre une formation de maintien et d’actualisation des compétences (MAC).

Elle permet de mettre à jour les connaissances nécessaires à vos missions. Cette obligation de formation continue est prévue par l’article L. 612-20-1 du Code de la sécurité intérieure.

Que se passe-t-il si votre carte expire avant la réponse du CNAPS ?

Si votre demande est complète, le CNAPS vous délivre un récépissé.

Il s’agit d’un document qui vous permet de continuer à travailler dans l’attente de sa décision expresse, dans les conditions de l’article R. 612-17.

Vous pouvez le présenter à votre employeur pour justifier la poursuite de votre activité. 

En revanche, avoir simplement envoyé votre dossier ne suffit pas.

Si votre carte est expirée et que vous ne disposez pas du récépissé permettant de poursuivre votre activité, vous ne pouvez plus assurer les missions pour lesquelles cette autorisation est obligatoire. 

Il faut donc anticiper à la fois la formation et le dépôt du dossier de renouvellement. 

Quel est le délai de réponse du CNAPS pour renouveler un agrément d’agent de sécurité ?

Pour le renouvellement de votre carte professionnelle d’agent de sécurité, le silence du CNAPS pendant deux mois à compter de la réception de votre demande vaut rejet, et non acceptation.

Cette exception au principe « silence vaut acceptation » résulte de l’article 1er et de l’annexe du décret n° 2014-1294 du 23 octobre 2014. 

Concrètement, si le CNAPS reçoit votre demande le 15 octobre et ne vous répond pas, une décision implicite de rejet naît en principe le 15 décembre.

Cela ne signifie pas qu’une réponse écrite arrivera nécessairement dans les deux mois.

En effet l’absence de réponse est une réponse.

Concrètment, il convient de considérer que le silence produit elle-même un effet juridique.

Si des pièces manquent, le délai peut être suspendu pendant le délai accordé pour compléter le dossier, conformément à l’article L. 114-5 du même code. 

Que signifie l’aurorisation temporaire de poursuite de l’activité d’agent de sécurité ? 

Le récépissé CNAPS autorise la poursuite temporaire de l’activité d’agent de sécurité tant qu’aucune décision exprès de rejet n’est intervenue.

Une poursuite temporaire possible mais précaire

Lorsque votre carte professionnelle expire pendant l’examen de votre demande de renouvellement, le récépissé délivré par le CNAPS pour un dossier complet vous permet de continuer à exercer.

Le récépissé CNAPS est un document officiel délivré par le CNAPS lorsque votre dossier de renouvellement de carte professionnelle est complet. Il atteste que votre demande a été reçue avec les justificatifs nécessaires à son examen. 

L’article R. 612-17 du Code de la sécurité intérieure prévoit que cette possibilité se poursuit jusqu’à l’intervention d’une décision expresse du CNAPS. 

Concrètement, vous présentez ce document à votre employeur pour justifier votre autorisation temporaire de poursuivre vos missions d’agent de sécurité malgré l’expiration de votre carte. 

Une preuve d’envoi du dossier ou un simple accusé de réception ne remplace pas ce récépissé. 

Vous devez donc vous assurer de l’avoir obtenu avant de poursuivre votre activité après l’expiration de votre titre. 

La nécessité d’une décision exprès

Comme nous l’avons vu, le récépissé vous permet de travailler temporairement pendant l’instruction de votre demande. En revanche il ne signifie pas que votre agrément d’agent de sécurité est renouvelé.

Le CNAPS doit encore examiner votre demande et vérifier que vous remplissez les conditions légales pour bénéficier de l’agrément des agents de sécurité.

Ainsi vous pouvez donc disposer d’une autorisation temporaire tout en restant dans l’attente d’une décision sur votre nouvelle carte.

Le silence du CNAPS pendant deux mois peut faire naître un rejet implicite, sans mettre fin, à lui seul, à la possibilité de travailler sous récépissé.

En effet, l’article R. 612-17 vise l’intervention d’une décision expresse d’agrément des agents de sécurité.

Les décisions relatives à l’agrément des agents de sécurité sont des décisions individuelles défavorables devant être motivées (refus ou retrait d’autorisation). Ainsi, en pratique elles sont prises en considération de la personne, au vu de son comportement, de ses antécédents, de son honorabilité.

Cette exigence constitue une garantie qu’une décision défavorable soit motivée en fait et en droit. Le malheureux destinataire d’une telle décision, doit être à même de comprendre les raisons qui ont conduit au rejet.

En revanche, dès qu’un refus de renouvellement vous est notifié, vous ne pouvez plus poursuivre votre activité sur le fondement de ce document. 

En quoi consiste la procédure préalable contradictoire en cas de refus ou de retrait d’une décision d’agrément ? 

La procédure contradictoire préalable consiste à vous informer des faits retenus contre vous et à vous permettre de répondre et de fournir des justificatifs avant la décision du CNAPS.

Elle est en principe obligatoire avant le retrait d’une carte professionnelle, sauf exception légale, notamment l’urgence, mais pas avant un refus de délivrance ou de renouvellement (articles L. 121-1, L. 121-2 et L. 122-1 du CRPA).

Un retrait soumis à une procédure contradictoire préalable

Si vous détenez déjà une carte professionnelle et que le CNAPS envisage de vous la retirer, il doit, en principe, vous permettre de répondre avant de prendre sa décision. C’est la procédure contradictoire préalable prévue par l’article L. 121-1 du Code des relations entre le public et l’administration (CRPA). 

Concrètement, le CNAPS vous informe du retrait envisagé et des faits retenus contre vous. Vous pouvez alors expliquer votre situation, contester des informations inexactes et transmettre des justificatifs. Le courrier vous invitant à répondre ne constitue pas encore une décision de retrait.

L’article L. 122-1 du CRPA vous permet de présenter des observations écrites et, sur votre demande, des observations orales. Vous pouvez vous faire assister par un avocat. Cette étape vous donne la possibilité de défendre le maintien de votre autorisation avant la décision. 

Le CNAPS peut toutefois se dispenser de cet échange dans certaines situations prévues par l’article L. 121-2 du CRPA, notamment en cas d’urgence ou de circonstances exceptionnelles. 

Un refus d’agrément ou de renouvellement échappant à la procédure préalable contradictoire

La règle est différente lorsque vous demandez votre première carte professionnelle ou son renouvellement. Le CNAPS statue alors sur une demande que vous avez déposée.

Or, l’article L. 121-1 du CRPA exclut expressément ces situations de l’obligation générale de procédure contradictoire préalable. 

Le CNAPS peut donc, en principe, refuser votre demande sans vous avoir préalablement invité à présenter des observations, sous réserve d’un texte spécial applicable. 

Cela ne dispense pas le CNAPS d’expliquer sa décision : un refus exprès doit, en principe, préciser les textes et les faits qui le justifient, conformément aux articles L. 211-2 et L. 211-5 du CRPA.

Vous pourrez ainsi comprendre les motifs du refus et préparer sa contestation. 

L’agrément des agents de sécurité n’est pas de droit, mais son refus ou son retrait est possible.

En conclusion l’absence d’échange préalable ne suffit donc pas, à elle seule, à rendre ce refus illégal.

Quelles sont les obligations des agents de sécurité ?

Pour exercer comme agent de sécurité privée, vous devez être titulaire d’une carte professionnelle CNAPS en cours de validité.

Cette règlementation résulte des dispositions de l’article L. 612-20 du Code de la sécurité intérieure. Votre diplôme ou votre attestation de formation ne remplace pas cette autorisation. Ainsi être formé ne suffit pas à vous autoriser à travailler.

En outre, votre carte doit également correspondre à l’activité réellement exercée.

La surveillance humaine, la télésurveillance ou la surveillance avec un chien nécessitent des autorisations adaptées.

Par exemple, une carte permettant le gardiennage classique ne vous autorise pas, à elle seule, à effectuer des missions d’agent de sécurité cynophile.

Vous devez justifier de la qualification correspondante et obtenir la carte professionnelle couvrant cette activité. 

L’agrément des agents de sécurité ne se présume pas, il se démontre !

Avant d’accepter une mission, vous devez donc vérifier les activités autorisées et la date d’expiration de votre carte. 

Vous communiquez votre numéro d’enregistrement à votre employeur, qui peut vérifier les informations relatives à votre titre auprès du CNAPS, selon l’article R. 612-12 du Code de la sécurité intérieure.

Une proposition d’embauche ou une consigne de votre responsable ne remplace pas l’agrément des agents de sécurité prévue par la loi.

Enfin, si votre carte expire pendant l’examen de son renouvellement, le simple dépôt du dossier ne suffit pas pour continuer à exercer.

Vous devez disposer du récépissé permettant la poursuite de votre activité, dans les conditions prévues par l’article R. 612-17 du Code de la sécurité intérieure. 

Quelles missions sont couvertes par l’agrément des agents de sécurité ?

L’agrément des agents de sécurité, correspondant généralement à la carte professionnelle CNAPS, doit être adapté à la prestation réellement effectuée. 

Le métier peut comprendre la surveillance d’un immeuble, la gestion des accès, la prévention des intrusions ou la protection des personnes au sein d’un établissement. 

L’accueil des visiteurs peut accompagner ces missions, mais le contenu réel du poste détermine la réglementation applicable. C’est pourquoi son intitulé ne suffit pas à définir les autorisations nécessaires.

L’article L. 611-1 du Code de la sécurité intérieure distingue notamment la surveillance humaine ou électronique, le gardiennage, le transport de fonds et la protection physique des personnes. 

Un agent chargé de contrôler l’entrée d’un immeuble ne dispose donc pas automatiquement des qualifications nécessaires pour assurer une prestation de transport de fonds ou de protection rapprochée. 

Votre profil professionnel et votre aptitude doivent correspondre à l’activité mentionnée sur votre autorisation. 

Quelles limites encadrent les interventions des agents de sécurité agréés ?

Votre carte professionnelle ne vous donne pas les pouvoirs généraux de la police.

Pour les activités de surveillance et de gardiennage, votre intervention s’exerce principalement dans les bâtiments ou les lieux dont vous avez la garde.

Ainsi une mission sur la voie publique nécessite une autorisation exceptionnelle du représentant de l’État, généralement le préfet, dans les conditions de l’article L. 613-1 du Code de la sécurité intérieure.

La prévention d’une dégradation, d’une effraction ou d’une menace ne permet donc pas d’étendre librement votre zone d’intervention. 

La palpation de sécurité est également encadrée.

Elle ne doit pas être confondue avec l’inspection visuelle d’un bagage ou sa fouille, laquelle nécessite le consentement de son propriétaire.

Pour certaines manifestations sportives, culturelles ou récréatives rassemblant plus de 300 spectateurs, les palpations peuvent être réalisées dans les conditions de l’article L. 613-3, notamment avec le consentement exprès de la personne et sous le contrôle d’un officier de police judiciaire. 

Une commande du client ou une consigne interne ne remplace jamais les conditions légales d’intervention. 

Quelles obligations s’imposent au prestataire employant des agents de sécurité ?

Le prestataire de sécurité privée doit distinguer ses propres autorisations de celles de chaque employé.

L’agrément de son directeur ou de son dirigeant ne remplace pas l’agrément des agents de sécurité affectés à la prestation. De même, la carte d’un agent ne constitue pas l’autorisation d’exercice de l’entreprise. 

Avant d’accepter une offre ou un devis, le client ou le donneur d’ordre doit donc porter attention aux titres correspondant à chaque intervenant. 

L’entreprise doit également justifier d’une assurance couvrant sa responsabilité professionnelle, conformément à l’article L. 612-5 du Code de la sécurité intérieure.

Cette couverture concerne les conséquences des dommages susceptibles de survenir pendant une prestation, par exemple une détérioration de biens. 

L’assurance ne garantit toutefois pas la conformité de chaque intervention et ne dispense pas du respect des règles professionnelles. Légifrance

Quels contrôles concernent les agents de sécurité agréés ?

Le CNAPS exerce un contrôle du respect des obligations professionnelles et déontologiques. C’est lui qui délivre l’agrément des agents de sécurité. Il fait la pluie et le beau temps !

Des manquements peuvent conduire à des sanctions prononcées, selon leur nature et leur gravité, par le directeur du CNAPS ou sa commission de discipline.

Cette procédure doit être distinguée du retrait d’une carte fondé sur la disparition des conditions nécessaires à son maintien. 

Pour exercer de manière conforme, il est essentiel de connaître la règle applicable à votre mission, de respecter les limites de votre autorisation et de préserver la confidentialité des informations obtenues.

Vous ne pouvez pas librement partager des renseignements sur un client, les dispositifs de protection d’un établissement ou les procédures d’un ancien employeur.

L’article R. 631-9 du Code de la sécurité intérieure impose cette confidentialité, sous réserve des exceptions légales. 

Quels outils utiliser pour gérer son agrément d’agent de sécurité ?

Le portail numérique Dracar Ultimate constitue un outil de gestion de vos démarches auprès du CNAPS.

La création d’un compte personnel vous permet notamment de déposer une demande, de suivre son traitement et de prendre contact avec l’administration par la messagerie.

Une adresse électronique régulièrement consultée facilite le suivi des échanges et des notifications.

Vous pouvez retrouver le portail depuis le site officiel cnaps.interieur.gouv.fr et consulter les pages d’aide correspondant à votre situation. 

Une veille réglementaire est également utile pour connaître les textes en vigueur, les modifications apportées par un décret et les obligations propres à votre secteur.

Le site legifrance.gouv.fr permet de consulter les articles actualisés.

Pour votre renouvellement, gardez surtout en mémoire la date d’expiration du titre : la gestion administrative de votre carte est essentielle à la continuité de votre activité professionnelle. 

Comment contester un refus d’agrément, de renouvellement ou un retrait devant un juge ? 

En cas de décision défavorable, saisir le juge administratif constituera l’ultime recours.

Saisir le tribunal administratif dans le délai de recours

Vous pouvez contester un refus de délivrance, un refus de renouvellement ou un retrait de carte professionnelle CNAPS devant le tribunal administratif compétent.

Votre demande consistera dans  l’annulation de la décision.

Pour ces décisions de police administrative, le recours gracieux auprès du CNAPS est facultatif. Surtout, un tel recours n’est pas suspensif. Ainsi, vous pouvez saisir directement le juge. 

Le délai de recours est, en principe, de deux mois à compter de la notification de la décision. Ce principe résulte des dispositions de l’article R. 421-1 du Code de justice administrative.

En cas de refus implicite résultant du silence du CNAPS, le délai court en principe à compter de la naissance de ce refus, selon l’article R. 421-2. Il est donc essentiel de conserver la décision, sa notification et les preuves de réception de votre demande. 

La motivation à l’appuie de votre recours

Si l’avocat n’est pas obligatoire, il est toutefois indispensable ! 

Votre recours doit identifier les erreurs commises par le CNAPS, avec des arguments et des pièces à l’appui.

Vous pouvez notamment contester des faits inexacts, une mauvaise application des conditions légales ou l’appréciation selon laquelle votre comportement serait incompatible avec le métier d’agent de sécurité.

Ces conditions sont fixées par l’article L. 612-20 du Code de la sécurité intérieure. 

Vous pouvez également invoquer une motivation insuffisante de la décision expresse ou, pour un retrait, l’absence de procédure contradictoire préalable lorsqu’elle était obligatoire.

En revanche, l’absence d’échange préalable ne suffit pas à rendre illégal un refus de première demande ou de renouvellement, puisque le CNAPS statue alors sur votre demande. 

Si le refus est implicite, vous pouvez demander au CNAPS de vous communiquer ses motifs dans le délai de recours contentieux.

L’article L. 232-4 du CRPA prévoit leur communication dans le mois suivant votre demande et une prorogation du délai de recours jusqu’à deux mois après cette communication. 

Demander une suspension en urgence pour préserver votre activité

Déposer un recours ne suspend pas automatiquement la décision. 

Si le refus ou le retrait vous empêche de travailler, vous pouvez accompagner votre recours en annulation d’un référé-suspension, sur le fondement de l’article L. 521-1 du Code de justice administrative.

Vous devez démontrer l’urgence, par exemple au moyen d’un contrat de travail, d’une proposition d’embauche, de justificatifs de revenus et de charges, ainsi qu’un doute sérieux sur la légalité de la décision.

La suspension reste soumise à l’appréciation du juge : elle n’est pas acquise du seul fait que votre emploi est menacé.

Ces articles pourraient vous intéresser...

suspension administrative permis de conduire

Nouveaux cas de suspension administrative de permis de conduire

La loi du 18 aout 2026 prévoit de nouveaux cas de suspension administrative du permis de conduire. Dorénavant,
Lire la suite
Contentieux cumul emploi retraite

Contentieux cumul emploi retraite

Le contentieux du cumul emploi retraite résulte de la complexité des règles fixées en la matière. Les conditions
Lire la suite
Indemnisation des personnes hospitalisées d'office

Indemnisation des personnes hospitalisées d’office

Les personnes hospitalisées sous contrainte ont droit à une réparation intégrale de leurs préjudices en cas d’illégalité de
Lire la suite