L’école à la maison désigne le choix fait par une famille d’assurer elle-même l’instruction de son enfant, en dehors d’un établissement scolaire public ou privé.
Depuis la loi du 24 aout 2021, ce droit est devenu très incertain, et ce, pour des raisons politiques que nous développeront ci après.
En France, ce droit s’inscrit dans le cadre plus large du droit à l’éducation et de l’obligation d’instruction applicable aux enfants de 3 à 16 ans. Il ne s’agit donc pas d’une absence d’enseignement, mais d’une autre modalité d’instruction, encadrée par la loi.
En outre, le code de l’éducation impose le respect d’un socle commun de connaissance et de compétences fixé par l’éducation nationale.
Depuis la réforme issue de la loi du 24 août 2021 confortant le respect des principes de la République, l’instruction à la maison est soumise à un régime d’autorisation préalable.
Cette instruction se réalise en dehors d’un établissement scolaire. Juridiquement, il est plus exact de parler d’instruction à domicile, notion consacrée par le code de l’éducation.
Ainsi, les parents doivent déposer une demande auprès du service compétent de l’éducation nationale. Ils doivent constituer un dossier démontrant que leur situation correspond à l’une des conditions prévues par la loi. Cette évolution a profondément modifié la pratique antérieure, qui reposait sur un simple régime déclaratif.
Quelles sont les démarches pour l’école à la maison ?
Dorénavant pour bénéficier de l’école à la maison, ou instruction en famille, vous devez avoir été autorisé préalablement par les services de l’éducation nationale. C’est ce que l’on appelle l’autorisation préalable.
Autorisation préalable obligatoire
Pour user de l’instruction en famille, vous devez obtenir une autorisation préalable obligatoire. La demande d’autorisation doit être sollicitée chaque année entre le 1er mars et le 31 mai. Cette autorisation d’instruction préalable réponds à l’obligation scolaire. Le décret du 25 avril 2022 précise les exigences pédagogiques auxquelles doivent satisfaire les familles bénéficiant d’une autorisation d’instruction.
Cette autorisation doit être sollicitée dans un cadre légal strict, imposé par le code de l’éducation.
Depuis la réforme du 24 aout 2021, vous ne pouvez plus vous contenter d’une simple déclaration préalable annuelle comme cela était le cas auparavant. La déclaration annuelle n’existe plus.
Vous devez désormais effectuer une demande d’autorisation auprès de l’autorité académique compétente.
Cette demande d’autorisation constitue une autorisation préalable obligatoire avant toute mise en œuvre de l’instruction en famille.
Sans autorisation préalable délivrée par l’administration, l’enseignement à domicile n’est autorisée. Pis encore, elle est interdite sous peine de sanction pénale.
Pour initier la procédure, vous devez compléter un formulaire de demande prévu par l’éducation nationale. Ce formulaire de demande doit être accompagné des pièces justificatives correspondant au motif invoqué. Pour chaque motif, vous avez une liste afférente.
Vous devez ensuite transmettre votre demande dans les délais fixés par les textes, généralement avant la rentrée scolaire.
Il est essentiel de transmettre votre demande par un moyen permettant de prouver la date d’envoi. L’administration examine alors votre demande d’autorisation au regard des critères définis par le cadre légal. Si les conditions sont réunies, une autorisation préalable vous est accordée pour l’année scolaire concernée.
Fondement de la demande préalable
Cette autorisation n’est accordée que pour quatre motifs limitativement énumérés par l’article L. 131-5 du code de l’éducation.
Point de salut en dehors de ces quatre situations !
L’état de santé de l’enfant ou à son handicap.
Il suppose que la situation médicale rende la scolarisation en établissement inadaptée ou incompatible avec les besoins de l’enfant, ce qui doit être justifié par des éléments circonstanciés.
La pratique d’activités sportives ou artistiques intensives
Il s’agit des situations dans lesquelles l’engagement de l’enfant dans une discipline exige un volume horaire ou des contraintes de déplacement incompatibles avec une scolarité classique.
L’itinérance de la famille sur le territoire français ou l’éloignement géographique de tout établissement scolaire public.
Ce cas recouvre notamment les familles dont les conditions de vie rendent matériellement difficile une scolarisation régulière.
L’existence d’une situation propre à l’enfant motivant le projet éducatif.
Vous devez alors démontrer, par un dossier argumenté et un projet pédagogique précis, que l’instruction en famille répond de manière adaptée à ses besoins particuliers.
Contester le refus d’autorisation préalable
La DSDEN, Direction des services départementaux de l’éducation nationale, a deux mois pour répondre à votre demande. À ce stade, le silence vaut acceptation, conformément à l’article L.131-5 du code de l’éducation.
Pas de nouvelle, bonne nouvelle, vous bénéficiez d’une autorisation préalable implicite. Cette décision tacite produit les mêmes effets juridiques qu’une décision expresse d’acceptation et vous permet de mettre en œuvre l’instruction en famille pour l’année scolaire concernée.
En cas de refus, celui-ci est nécessairement exprès et motivé. L’administration doit préciser les raisons de droit et de fait qui justifient sa décision, afin de vous permettre d’en comprendre le fondement et, le cas échéant, d’exercer un recours utile.
Pour contester, vous disposez d’un délai de 15 jours pour saisir la commission académique, conformément à l’article D.131-11-10 du code de l’éducation. Ce recours administratif préalable obligatoire constitue une étape indispensable avant toute saisine du juge administratif.
La commission réexamine alors votre dossier, au regard des éléments que vous avez fournis et de ceux éventuellement complétés. Elle peut confirmer le refus ou accorder l’autorisation. Sa décision se substitue à celle initialement prise par la DSDEN.
En cas de maintien du refus, vous conservez la possibilité de saisir le tribunal administratif compétent afin de contester la légalité de la décision. Ce recours contentieux doit être exercé dans un délai de deux mois à compter de la notification de la décision de la commission.
Comment fonctionne l’école à la maison ?
L’école à la maison permet de mettre en oeuvre une liberté pédagogique et de recourir à une multitude de modalité de l’instruction à la maison.
La liberté pédagogique
Dans le cadre de l’« instruction en famille » autorisée par l’article L. 131-2 du code de l’éducation, les parents conservent une grande liberté pour choisir les méthodes pédagogiques.
Il est important que l’enfant acquiert progressivement le « socle commun de connaissances, de compétences et de culture » défini à l’article L. 122‑1‑1 du code de l’éducation.
Dans ce cadre, vous disposez d’une véritable liberté pédagogique. Cette liberté pédagogique vous permet de choisir la méthode la plus adaptée au profil de votre enfant, tant que les objectifs du socle commun sont respectés.
Vous pouvez ainsi opter pour une pédagogie Montessori, privilégier une approche plus classique, ou encore construire un programme personnalisé fondé sur les centres d’intérêt de votre enfant.
L’instruction à domicile signifie que vous êtes responsables de l’organisation de l’enseignement, du choix des supports et du rythme d’apprentissage, sous le contrôle de l’administration. Vous devez garantir l’acquisition progressive des connaissances et compétences exigées par la loi.
Il est également possible de recourir à des cours par correspondance, proposés par des organismes publics ou privés. Ces cours par correspondance peuvent structurer l’apprentissage et vous servir de support, sans pour autant vous décharger de votre responsabilité légale.
Certains parents complètent l’instruction à domicile par de l’enseignement à distance, notamment via des plateformes numériques ou des classes virtuelles. L’enseignement à distance constitue alors un outil pédagogique parmi d’autres, et non une obligation.
En pratique, l’école à la maison suppose une organisation rigoureuse, un suivi régulier des progrès et la capacité de justifier, lors des contrôles, de la cohérence de votre projet éducatif et de l’effectivité de l’instruction dispensée.
Les obligations pédagogiques
Les parents doivent s’engager à assurer une instruction conforme aux exigences légales, structurée et effective, garantissant l’acquisition progressive des connaissances et compétences attendues.
Ils sont tenus d’assurer l’enseignement majoritairement en langue française, afin de permettre à l’enfant d’accéder pleinement au socle commun défini par l’éducation nationale.
Ils doivent également participer à une journée pédagogique organisée par l’administration, consacrée à la citoyenneté, aux principes de la République, à l’éducation au corps, aux droits de l’enfant et à la prévention des violences éducatives ordinaires.
L’enfant doit être rattaché administrativement à une circonscription ou à un établissement public désigné par l’autorité compétente, ce qui permet d’organiser le suivi et les contrôles pédagogiques.
En outre, les parents sont tenus de respecter l’intérêt supérieur de l’enfant. Ce principe directeur est consacré notamment par l’article 3 de la Convention internationale des droits de l’enfant.
Enfin, les parents doivent s’abstenir de tout prosélytisme ou de toute exclusion des enseignements fondamentaux, afin d’éviter notamment un enseignement confessionnel exclusif.
Quels sont les avantages de l’école à la maison ?
Nous avions déjà indiqué, qu’à l’heure du wokisme et de l’éducation sexuelle à l’école, l’instruction en famille était une réelle solution pour les familles soucieuses.
Naturellement, il existe d’autres avantages qui nous citerons ci après.
La flexibilité de l’école à la maison
L’un des principaux avantages de l’éducation à domicile réside dans la flexibilité qu’elle offre aux familles. Vous pouvez organiser les temps d’apprentissage en fonction du rythme de votre enfant, de ses besoins spécifiques et de vos contraintes personnelles.
Cette flexibilité permet d’adapter les horaires, la durée des séances et les périodes de repos, sans être contraints par l’organisation rigide du système scolaire traditionnel.
L’adaptabilité et l’autonomie
Un autre avantage majeur tient à l’autonomie progressivement développée chez l’enfant. L’éducation à domicile favorise souvent une plus grande responsabilisation dans le travail, l’organisation personnelle et la gestion du temps.
L’école à la maison permet également de mettre en place une scolarité adaptée aux particularités de chaque situation. Cette scolarité adaptée peut être particulièrement bénéfique en cas de difficultés d’apprentissage, de précocité ou de contraintes personnelles spécifiques.
Vous pouvez ainsi construire un projet éducatif véritablement propre à l’enfant, centré sur ses besoins, ses centres d’intérêt et son rythme de progression.
Contrairement au système scolaire classique, qui repose sur une progression collective, l’éducation à domicile autorise une individualisation complète des apprentissages.
Renforcer l’unité familiale
En putre, l’école à la maison peut renforcer le lien familial en multipliant les temps d’échange et de coopération entre vous et votre enfant. Ainsi, le quotidien partagé autour des apprentissages favorise le dialogue, la compréhension mutuelle et une meilleure connaissance des besoins de chacun.
Ce cadre plus serein peut réduire certaines tensions parfois rencontrées dans le système scolaire traditionnel, notamment en cas de mal-être ou de difficultés relationnelles.
Lutte contre le harcèlement scolaire
L’école à la maison peut constituer une réponse lorsque votre enfant est confronté à une situation de harcèlement scolaire persistante ou insuffisamment résolue. En retirant l’enfant du contexte dans lequel les faits se produisent, vous mettez immédiatement fin à l’exposition quotidienne aux violences physiques, verbales ou psychologiques.
En outre, le motif de santé de l’enfant invoqué dans le cadre d’une situation de harcèlement scolaire avéré est particulièrement pris au sérieux par l’administration de l’éducation nationale.
Qui peut faire l’école à la maison ?
Peuvent assurer l’instruction à domicile les parents titulaires de l’autorité parentale, ensemble ou séparément, ainsi que toute personne de leur choix, sous réserve de l’accord des parents et de l’acceptation par l’administration.
Cette possibilité est expressément prévue par l’article L. 131-2, qui autorise l’instruction dans la famille « par les parents, par l’un d’entre eux ou par toute personne de leur choix », à condition d’obtenir l’autorisation requise.
La personne chargée d’instruire doit démontrer sa capacité à permettre l’acquisition du socle commun de connaissances, de compétences et de culture, conformément aux exigences légales et réglementaires.
Certaines personnes sont exclues, notamment celles condamnées pour infractions terroristes ou inscrites au fichier des auteurs d’infractions sexuelles ou violentes, en application de l’article L. 131-11-1 du code de l’éducation.
Le décet du 15 février 2022 exige une copie du dplôme du baccalauéat ou de son équivalent pour la personne chargée d’instruire l’enfant.
Comment obtenir l’autrisation pour l’école à la maison ?
Pour obtenir l’école à la maison, vous devez déposer une demande d’autorisation conformément à l’article L. 131-5 du code de l’éducation. Cette autorisation est obligatoire depuis la loi du 24 août 2021.
Votre dossier doit comporter les pièces justificatives nécessaires, notamment un justificatif de domicile. Vous devez également démontrer l’existence d’un motif légitime parmi ceux limitativement prévus par la loi.
La demande complète doit être transmise au DASEN de votre département. Le respect des délais de dépôt, en principe avant la rentrée scolaire, est essentiel.
L’administration dispose d’un délai de 2 mois pour vous répondre. Le silence gardé pendant ce délai vaut acceptation.
En cas d’accord, l’autorisation est valable pour l’année scolaire concernée. Vous restez ensuite soumis à un contrôle pédagogique annuel destiné à vérifier le respect de l’obligation d’instruction.
Quels risque en cas de refus d’instruction en famille ?
En cas de refus d’instruction en famille, les parents ont obligation d’inscrire l’enfant dans un établissement scolaire sous peine de sanction pénale.
Un refus d’IEF impose l’inscription de l’enfant en établissement scolaire. En cas de contestation, les parents doivent suivre un recours administratif préalable obligatoire (RAPO) devant une commission académique dans les 15 jours du refus. L’absence de réponse vaut rejet. En cas de confirmation du refus, un recours contentieux devant le tribunal administratif peut être engagé dans un délai de deux mois.
Mise en demeure de la DSDEN
En l’absence d’autorisation, les familles reçoivent une mise en demeure de la part du directeur académique des services de l’éducation nationale (DASEN) pour inscrire l’enfant dans un établissement scolaire. Si cette mise en demeure n’est pas suivie d’effet, plusieurs sanctions peuvent s’appliquer :
Sanctions pénales principales
Les sanctions sont les suivantes :
- Contravention de 5e classe (article R. 131-18 du Code de l’éducation) : en cas d’instruction sans autorisation, une amende est encourue.
- Délit de soustraction à l’obligation scolaire (article 227-17 du Code pénal) : non-inscription d’un enfant malgré mise en demeure peut entraîner des poursuites pénales.
Cette infraction est passible de six mois d’emprisonnement et de 7 500 euros d’amende. Une citation directe est délivrée pour une convocation devant le tribunal correctionnel.
- Manquement à l’assiduité scolaire (article R. 624-7 du Code pénal) : l’absence injustifiée de l’enfant à l’école peut être sanctionnée par une contravention de 4e classe (750 €) et un stage de responsabilité parentale.
En outre, le non-respect des obligations scolaires peut également conduire à :
- Un signalement au procureur de la République en vue de poursuites.
- Une saisine du juge des enfants pour mise en œuvre de mesures d’assistance éducative si la situation de l’enfant l’exige.
Il est donc recommandé de se faire accompagner par un avocat dans ce type de situation pour adopter la meilleure stratégie.
L’avis du médecin scolaire l’emporte t’il sur l’avis des médecins de l’enfant dans le cadre de l’instruction en famille pour motif de santé ?
Non, l’avis du médecin scolaire ne l’emporte pas juridiquement sur celui des médecins de votre enfant.
L’article L. 131-5 du code de l’éducation prévoit que l’instruction en famille pour motif de santé est accordée au regard de l’intérêt supérieur de l’enfant.
Vous devez produire un certificat médical établi par le médecin traitant ou spécialiste, qui constitue une pièce obligatoire du dossier.
Ce certificat est transmis au médecin de l’éducation nationale, lequel rend un avis.
Cet avis n’est pas un avis conforme : il ne lie ni le DASEN ni la commission académique.
La décision finale appartient à l’autorité administrative, qui doit apprécier l’ensemble des éléments médicaux et la situation concrète de l’enfant.
Le Conseil d’État, dans ses décisions du 13 décembre 2022 (n° 466623 et n° 467550), a rappelé que l’administration doit rechercher la solution la plus conforme à l’intérêt de l’enfant.
Elle ne peut donc pas refuser au seul motif qu’une scolarisation aménagée resterait théoriquement possible.
Un refus fondé uniquement sur l’avis du médecin scolaire, sans analyse comparative réelle, constituerait une erreur de droit.
En pratique, l’avis du médecin scolaire a un poids important, mais il ne prime pas automatiquement sur celui des médecins de votre enfant.
Dans quelles conditions l’itinérance de la famille permet-elle d’obtenir l’autorisation d’instruction en famille ?
Ce motif exige de démontrer que l’itinérance rend impossible la fréquentation assidue d’un établissement scolaire, et non simplement difficile.
L’administration adopte souvent une lecture restrictive de cette impossibilité.
Le Conseil d’État, dans sa décision du 13 décembre 2022, impose un examen individualisé fondé sur l’intérêt supérieur de l’enfant.
Les tribunaux administratifs sanctionnent les refus fondés sur une appréciation abstraite ou insuffisamment motivée.
L’itinérance peut être choisie et ne se limite pas aux gens du voyage, comme l’a jugé le tribunal administratif de Bordeaux dans sa décision du 5 juin 2025 (n°2304765).
De meme, la dispersion géographique réelle des déplacements constitue un élément déterminant, selon le Tribunal Administraiif de Nancy (13 février 2025 n°2402622).
Un faisceau d’indices concordants peut suffire à établir l’itinérance, comme l’a admis le Tribunal Administratif de Rennes (15 mai 2025 n°2405798).
Le juge vérifie concrètement si le rythme des déplacements est incompatible avec une scolarisation normale.
La constitution d’un dossier précis et documenté est donc essentielle, notamment en cas de recours.
Est il indispensable de demander chaque année l’autorisation d’IEF ?
Oui, cette démarche est indispensable et bien qu’elle soit diffiicile à obtenir permet de temporiser les poursuites pénales potentielles.
Bien souvent, les parents préfèrent ne plus demander l’autorisation d’IEF au motif que celle ci serait devenue théorique et illusoire. C’est une bien mauvaise idée dès lors que l’administration constatera que vous n’avez meme pas cherché à vous mettre en conformité. Cette situation de fait pèsera lourd sur l’intention du procureur de vous poursuivre et de faire « un exemple ».
En outre, même si une demande est refusée, une décision favoable du juge administratif, même après la rentrée scolaire, permet de faire tomber l’élément matériel de l’infraction.
Enfin, une décision favorable obtenue une fois devant la justice, permet de constituer un justificatif pertinent à fournir pour chaque nouvelle demande.
A quel moment puis solliciter l’école à la maison ?
Cette demande doit être formulée chaque année entre le 1er mars et le 31 mai pour la rentrée suivante. L’instruction est obligatoire de 3 à 16 ans, mais peut être assurée en famille, à distance ou en établissement.
En outre, l’article R.131-11 du code de l’éducation ajoute que la délivrance d’une autorisation peut toutefois être sollicitée en dehors de cette période pour des motifs apparus postérieurement à cette dernière et tenant à l’état de santé de l’enfant, à son handicap ou à son éloignement géographique de tout établissement scolaire public.
Également, il a été jugé par le Tribunal Administratif de Montpellier qu’il est toujours loisible à l’autorité administrative d’examiner, à titre gracieux, une demande formulée hors délai.
- Tribunal Administratif Montpellier 11 avril 2025 n°2206613
Ainsi, même si vous ne remplissez pas les conditions fixées par les textes précitées, l’administration peut accepter d’instruire votre demande.
Comment former un recours administratif préalable obligatoire efficace contre un refus d’autorisation d’instruction en famille ?
En cas de refus d’instruction en famille, le recours administratif préalable obligatoire constitue une étape essentielle.
La première démarche consiste à analyser précisément la motivation du refus, exigée par l’article L. 211-2 du code des relations entre le public et l’administration.
Il faut identifier les griefs exacts retenus par la DSDEN afin d’y répondre de manière ciblée. Le RAPO doit s’accompagner du redépôt intégral du dossier, enrichi si nécessaire de nouvelles pièces justificatives.
Les éléments pédagogiques, médicaux ou éducatifs doivent être produits de façon complète et structurée.
Un courrier argumenté doit démontrer que l’administration a commis une erreur d’appréciation ou une analyse incomplète de la situation.
Il est recommandé de détailler le projet pédagogique afin de rassurer sur la capacité à assurer l’instruction.
La démonstration des garanties offertes par les parents ou les tiers instructeurs est déterminante.
Le recours doit être formé dans un délai de 15 jours conformément à l’article R. 131-11-3 du code de l’éducation. Le respect des délais, de la forme et d’une argumentation claire conditionne l’efficacité du RAPO.


